Florence + the Machine – How Big Tour

Dans l’idéal, j’aimerais que ce live report soit aussi poétique que le concert auquel j’ai eu la chance d’assister hier soir. Il est en tous cas évident que les mots me manqueront et ceux qui apparaissent sous vos yeux ne seront pas assez puissants pour exprimer à quel point c’était incroyable. Je vais tenter de vous montrer à quel point c’est une expérience magique, mais sa première caractéristique est d’être difficile à décrire, alors je vais faire de mon mieux.

Effectuons un petit retour en arrière d’abord, pour vous dire à quel point j’attendais ce concert. J’ai écouté le premier album de Florence + The Machine à sa sortie, en 2009 et l’ai immédiatement adoré. Pareil pour Ceremonials, et pareil pour How Big How Blue How Beautiful (dont je vous parlais ici). Mais Florence Welch ayant tendance à se faire rare, je n’avais encore jamais eu l’occasion de la voir en concert. Ces places, je les ai réservé grâce à la prévente proposée par le site officiel. (préventes qui se révéleront presque être des tickets avec accès privilégiés, car la file pour retirer les places, bien plus courte que la file normale, me permettra de rentrer très rapidement). Bref, ce concert, je l’attendais avec une impatience terrible !

En entrant dans la fosse, on est soudain frappés par le décor. Des rideaux rouges (pas baissés) sont placés en haut et de part et d’autre de la scène. Le fond de scène brille de mille feux, et on devine des effets de lumière qui s’annoncent superbes. Mais comme c’est d’abord au tour de Palma Violets de s’exprimer, un drap blanc marqué des initiales PV est suspendu au milieu de la scène, marquant une vraie rupture au niveau des deux univers.

Parce que Palma Violets c’est du rock, que pour eux, la décoration c’est superflu. Ils forment une drôle d’entité, ils ne vont visuellement pas ensemble, même leurs attitudes sont presque en contradiction. Mais ils sont très bons, leurs chansons sont bien maitrisées, malgré leur aspect un peu négligé. Il faudrait que je les écoute beaucoup plus, mais cela faisait longtemps que je n’avais pas eu une aussi bonne première partie (même s’il faut reconnaître que c’est une première partie assez exceptionnelle). Le seul titre que je connaissais – Best Friends – rend en tous cas toujours aussi bien en live ! Enfin, on les remerciera pour ce qu’on devine être un hommage aux victimes des attentats de Paris, avec une ouverture illuminée aux couleurs de la France, mais… à l’envers !

Dès lors que les britanniques de Palma Violets quittent la scène, une armée de roadies envahit la scène. La mise en place pour le concert est assez impressionnante, car Florence n’est pas seule sur scène, elle est plutôt bien accompagnée. L’excitation monte, elle sera bientôt là. A quelques minutes du début, le public commence déjà à scander « Florence, Florence ». Et puis, les lumières s’éteignent.

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Les musiciens montent sur scène et jouent quelques secondes avant que Florence Welch n’arrive par l’espace entre la scène et la barrière. La première chanson est What the Water Gave Me, dont le rythme sera rapidement scandé en rythme par le public. La douceur des couplets nous fait déjà entendre la sublime voix de Florence (et des choeurs qui l’accompagnent), avant d’enchainer sur la puissance du refrain. Dès le départ, elle déborde d’énergie et court une première fois sur toute la largeur de la scène. Cette énergie s’exprime encore mieux pour le deuxième titre, Ship to Wreck, issu du dernier album. Aux premières notes, la fosse exulte et chante. Elle se lance dans quelques pas de danse.

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Le premier album est à l’honneur avec Rabbit Heart, pour lequel elle demande de mettre le plus de gens sur les épaules d’autres. C’est là encore l’occasion de sentir à quel point les choeurs sont importants dans ce concert. Ici ils ponctuent les couplets et donnent du relief au refrain. Comme dans la version studio, mais c’est beaucoup plus présent et fort dans la version live. Pendant cette chanson comme pendant tout le concert, Florence cherche le regard des fans. Elle leur fait des signes, leur prend les mains, essaye leurs couronnes de fleurs et est particulièrement attentionnée envers eux. Elle prend du coup assez facilement la dimension d’une prêtresse à qui l’on voue un culte musical. Elle est mystique, elle nous envoûte.

Si les chansons des deux albums précédents remportent un franc succès, j’avoue être surprise de l’engouement pour les chansons du dernier opus. Delilah et Third Eye (pour laquelle elle demanderait de ranger les téléphones et menacera du regard quelqu’un qui ne l’avait pas fait) sont en effet très attendues par le public, surtout Delilah. Elles n’étaient pas mes préférées sur l’album, mais en live elles sont géniales, pour chanter et comme pour danser. How Big How Blue How Beautiful (ou C’est grand c’est bleu c’est beau comme elle dira) est très belle aussi, bien qu’un peu moins enthousiasmante pour moi, la scène sera éclairée d’un bleu superbe pour l’occasion.

Evidemment, You’ve Got the Love fera chanter tout le public, et l’arrangement un peu plus doux que la version studio est une vraie réussite. Mais en termes de réarrangements, la palme revient à Cosmic Love, à la harpe et à la guitare sèche. Le public n’ose même pas chanter fort les paroles, on n’entend que des murmures, le silence qui règne est sublime. Le temps est suspendu, l’émotion est palpable. La voix de Florence est d’une douceur et d’une beauté magique, cette caractéristique étant renforcée évidemment par le son de la harpe.

S’il y avait une chanson à retenir du dernier album de Florence + The Machine, ce serait pour moi la superbe Queen Of Peace. Mais les setlists des concerts précédents ne la mentionnaient pas, je m’étais fait une raison. Alors lorsque les premières notes de la chanson ont commencé, je n’y ai d’abord pas cru, me disant que je confondais avec un autre titre. Mais non, elle a bien joué Queen of Peace ! Visiblement je n’étais pas la seule à adorer cette chanson. Elle a réussi à reconstituer toute la mélodie de ce titre en live, c’était là encore magique pour d’autres raisons que Cosmic Love, mais magique tout de même !

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L’enchainement avec What Kind Of Man et sa puissance rock, puis Spectrum (Say My Name) et son aspect beaucoup plus dansant fait que l’énergie et l’enthousiasme ne retombe pas. Il faut reconnaître que la setlist est très très bien construite pour ne laisser aucun moment de répit au public, qui s’époumone depuis le début. Le point d’orgue – plutôt attendu- fut Dog Days are Over, pendant lequel tout le monde danse, chante, tape dans les mains (ma coordination a d’ailleurs eu un peu de mal à tout faire au début…). Avant le dernier refrain, elle propose à tout le monde de se faire des câlins, puis d’attraper quelque chose à faire tournoyer au dessus de soi, donnant un résultat étonnant, mais qui devait être sympathique à voir depuis les gradins !

Et puis c’est l’heure du rappel. Rappel qui sera assez long, un roadie revient même sur scène pour accorder une guitare rouge flash que l’on a pas encore vu. Des micros sont ajoutés. Cela m’étonne, mais ne me met pas la puce à l’oreille, je me dis qu’il doit simplement y avoir quelques changements pour les deux chansons restantes. En plus, il doit y avoir Drumming Song, ma chanson préférée du groupe pour clore le concert.

Les musiciens reviennent sur scène, et Florence les rejoint après. Et là, le fond s’éclaire de bleu blanc rouge, et le groupe joue All You Need is Love des Beatles d’une très belle façon. C’est en plus assez cohérent avec toutes les paroles de Florence Welch qui dès qu’elle parlait au public parlait d’amour, d’espoir… Mais l’hommage ne s’arrête pas là. A la fin de la chanson, elle annonce accueillir The Maccabees sur scène (oui, j’ai vraiment plus que hurlé à cet instant, disons-le). Et là, j’ai compris pourquoi le rappel était si long, et qu’ils allaient reprendre I Love You All The Time des Eagles of Death Metal, qu’ils ont enregistré quelques jours plus tôt pour la Sweet Stuff Foundation (Plus d’infos). La chanson rend très bien, et l’hommage est très réussi. Je trouve juste dommage que les Maccabees n’aient pas été mis en avant, on les a à peine entendus. Vous pouvez retrouver des vidéos sur Youtube de cette prestation ou un court extrait sur mon Instagram ici.

En tous cas l’hommage aux victimes des attentats de Paris est à la mesure du concert et de l’esprit de Florence Welch : rempli d’amour. Elle aurait pu nous faire tous pleurer en reprenant Imagine. Au contraire, elle a choisi de mettre en avant l’amour et l’espoir, et c’est tout simplement beau.

Pour revenir sur l’ensemble du concert, c’était plus que génial, la grande prêtresse et ses musiciens nous ont emmené ailleurs pendant tout le concert. L’univers de cette vraie Queen of Peace est magique, tout comme elle est fabuleuse. Sa voix oscille entre douceur et puissance, elle danse et saute dans tous les sens. Parfois elle a l’air possédée, elle est perchée, mais on se laisse envoûter et posséder à notre tour.

 

Merci Florence, c’était incroyable.

Florence + the Machine – How Big Tour