– Live report – Arcade Fire au Zénith de Paris le 04.06

Il est des concerts que l’on attend impatiemment. Il en est d’autres qu’on attend dans une fébrilité proche de l’hystérie. Pour Arcade Fire, cela relevait plutôt de la seconde proposition dans mon cas. J’avais particulièrement hâte de découvrir le groupe sur scène, et ils ne m’auront clairement pas déçus. C’était un concert fabuleux sur beaucoup de points et que je ne risque pas d’oublier.

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Ce n’était pas une surprise, mais une fois que l’on rentre dans le Zénith, on se retrouve face à plusieurs personnes, déguisées avec les fameuses bobbleheads (sorte d’énormes têtes) à l’effigie des membres du groupe. Qui est caché sous ces déguisements? La question reste entière. (l’un d’entre eux m’est à moitié rentré dedans avant de s’excuser, j’ai donc peut-être côtoyé de très près un membre du groupe -non je ne retiens pas uniquement la réponse qui m’arrange-) En tous cas c’est plutôt sympathique comme accueil, même si les danseurs en questions ont des mouvements assez étranges.

C’est Antibalas qui ouvre le bal. J’avoue être assez partagée sur leur cas. Leur jazz afrobeat n’était pas désagréable à écouter, et faisait une musique d’ambiance plutôt sympa. Cependant, on ne comprenait absolument pas le chanteur, ce qu’il disait ou chantait, et les parties instrumentales étaient vraiment longues, ce que j’ai beaucoup de mal à apprécier. On avait l’impression que les morceaux étaient rallongés de façon inutile et exagérée, ce qui était parfois agaçant.

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Mais enfin, l’heure d’Arcade Fire se rapprochait. Un rideau semi-opaque noir nous séparait de ce qu’il se passait sur la scène. Quand soudain, on y discerne des personnes en train de mettre les bobbleheads. Ceux-ci -moins nombreux que le groupe au complet – commencent une version simplifiée mais reconnaissable de Rebellion (Lies), avant que le vrai groupe ne fasse irruption sur scène, avec un Win Butler criant « mais ça va pas ça » (en français dans le texte). L’artifice est assez drôle, et permet au groupe de faire une entrée en scène décalée, qui sera pourtant bruyamment saluée par la foule. Le début se fera sur Normal Person, titre assez rock donc qui permet de commencer sur les chapeaux de roue!

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Le rythme ne retombera pas de tout le concert. C’est avec cette représentation live qu’on se rend assez vite compte de la puissance du dernier album, et de toute la force qu’il peut dégager en live. Confirmé dès le début par Normal Person, cela se vérifie par la géniale Joan of Arc ou Reflektor. Le reste de l’album donnera au public une irrépressible envie de danser, avec Afterlife, We Exist ou Here Comes the Night Time. C’est d’ailleurs en une géante piste de danse que se transforme le Zénith le temps du concert, grâce notamment aux percussionnistes et bien entendu aux chansons elles-mêmes. Chaque membre du groupe y va également de son petit pas de danse quand ils ne jouent pas. Régine est particulièrement fabuleuse dans ce rôle, nous gratifiant de plusieurs pas de danse pendant Haiti ou d’autres titres.

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La setlist du 2ème concert (celui du 4 juin) fut l’occasion de redécouvrir des titres plus anciens, comme Tunnels, Headlights look like diamonds ou encore Haiti comme évoqué précédemment, ou Crown of Love. Des titres salués par le public et repris en cœur. Le public sera de façon générale assez réactif, en chantant sur les chansons les plus connues. C’était une ambiance bonne enfant plutôt sympathique, même si j’ai parfois eu un peu l’impression d’être seule à chanter lors de quelques titres.

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En tous cas le concert a été l’occasion pour moi de redécouvrir certaines chansons. Ainsi, j’ai eu un vrai coup de cœur pour Power Out, Sprawl II, Haiti, que j’aimais bien auparavant mais sans plus. Le live aura aussi renforcé mon gout déjà très prononcé pour l’énormissime No Cars Go (là, le public a bien suivi) qui m’a fait hurler et sauter dans tous les sens –oui, j’aime beaucoup beaucoup cette chanson, et en live elle est encore meilleure – ou Keep the Car Running. J’ai été particulièrement séduite par la performance de Régine en fait, qui chante merveilleusement bien en live, et apporte une fraicheur étonnante qui vient compléter la super performance de Win Butler, et de tout le groupe.

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La mise en scène est enfin particulièrement soignée, avec le subterfuge d’entrée, mais aussi un changement à chaque titre de l’éclairage, de la position des miroirs du fond, d’un rideau de petits miroirs ou d’images sur l’écran. Les couleurs étaient absolument sublimes, surtout sur Haiti avec des images de contrées verdoyantes. Le mieux restera la mise en scène pour It’s never over (Orpheus), avec Régine placée sur la scène B, à l’autre bout de la fosse, entourée par des mannequins déguisés en squelette et représentant la mort. Son Orphée, Win Butler, chantait en s’adressant directement à elle, Eurydice. En plus d’interroger le public sur sa place dans la salle, cela représentait parfaitement le message de la chanson et le mythe dont elle s’inspire. Cette scène B servira également pendant le rappel à faire danser les bobbleheads sur Entertainment de Phoenix, manière d’adapter le contenu au pays dans lequel ils se trouvent après avoir fait venir les Paft Dunk à la moitié du set, et la veille. (si vous avez entendu quelqu’un s’égosiller sur Entertainment, c’est moi !)

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Le concert s’achève sur l’énergique Here comes the night time avec sa flopée de confettis et l’incontournable mais tout aussi réussie Wake Up. Une façon de nous dire qu’il est temps de se réveiller de ce fabuleux rêve éveillé qu’ils viennent de nous offrir. Si on me proposait d’y retourner dans l’immédiat, j’y foncerais sans hésiter, car même si j’ai du mal à classer les concerts où je me rends, celui-là fait partie des meilleurs que j’ai fait.

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PS : pas merci à vous, le couple devant moi qui se prenait pour des jeunes mais qui n’arrivait pas à suivre la foule dans ses mouvements et avait un gros parapluie canne qui me cognait fréquemment, et pas merci à toi, grand mec qui a eu la bonne idée d’y ajouter un masque de lapin avec des oreilles qui me bouchaient souvent la vue. Il fallait que je le dise, la fosse recèle toujours des spécimens intéressants !

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